La fabuleuse histoire du thé vert
5 JUILLET 2010
Anciennement connu mais adopté depuis peu en occident, le thé vert connait une popularité croissante et est maintenant en tête de liste des aliment-miracles à intégrer dans notre alimentation. À la recommandation des médecins, scientifiques et journalistes santé, nombreux choisissent de remplacer le café par cette infusion d’herbes, réputée pour libérer notre corps des toxines provenant de nos habitudes de vie. Plusieurs vertus lui sont conférées; éloignerait le cancer, serait un puissant antioxydant, nous nettoierait des résidus d’alcool d’une soirée bien arrosée, favoriserait la réhydratation de notre corps, etc. Serait-ce la solution miracle pour mieux préparer notre corps aux intolérances de notre mode de vie? Peut-être! À coup sûr, le thé vert mérite l’engouement qu’il provoque car depuis des lustres, il est consommé par différents peuples et occupe une place importante dans leur histoire et rituels.
Depuis 2000 ans, le thé vert est une industrie vitale pour certains des 55 peuples qui le consomme régulièrement. En effet, dans les pays producteurs, le thé peut s’avérer aussi important que la nourriture. De façon générale, il est non seulement une boisson délicieuse et tonifiante mais il est aussi à la base mécanismes de socialisation, des rituels et habitudes conservées de générations en générations.
Du temps de la préhistoire, le thé aurait été consommée dans les forêts du Yunnan, région au sud ouest de la Chine actuelle, dans l’Assam, région de l’Inde et aussi au Laos, au Vietnam et en Thaïlande. Les origines connues du thé vert sont principalement relatées dans l’histoire de la Chine, au tout début des dynasties chinoises. Les feuilles de thé auraient au début été mâchées puis ensuite consommées sous la forme d’une solution médicinale. Puis avec le temps, le thé vert était infusé, les feuilles fraîches plongées dans l’eau bouillante. Servie comme une boisson stimulante, elle est devenue la tradition pour laquelle la Chine est aujourd’hui reconnue. À travers les différentes dynasties chinoises, le procédé de fabrication du thé s’est développé, du simple séchage des feuilles on commença à produire des petits cubes de thé compressés grâce à un procédé à la vapeur. Ceux-ci étaient cuits avant d’être plongés dans l’eau chaude, cette technique qui avait pour but d’enlever le goût amer du thé.
Les religions, principalement le bouddhisme, contribuèrent beaucoup à intégrer le thé au sein des rituels chinois, en lui conférant bienfaits et pouvoirs rajeunissants. Le temps de préparation du thé était perçu comme un précieux moment de relaxation. C’est au temps de la dynastie de Tang qu’on apporta au rituel du thé, raffinement et sophistication. Un «Maître Thé» était nécessaire pour garantir à toutes les familles que la préparation du thé était faite selon les règles de l’art. Une panoplie de tasses, théières, bols et aiguières furent introduites au quotidien.
Le thé vert arriva au Japon durant l’époque de Heian (de 194 è 1185) avec la montée des samouraïs et l’expansion du bouddhisme en provenance de la Chine. Son implantation fut donc grandement aussi favorisée par l’adhésion des japonais à la religion bouddhiste laquelle présente le thé vert dans ses pratiques. Au cours des générations, les japonais, fideles à leur culture, produisirent un thé de qualité qui se démarque aujourd’hui du thé chinois.
Les portugais furent les premiers occidentaux à importer des régions de l’Est, le thé vert et les épices. Lorsqu’en 1661, Charles II épousa Catherine de Baganza, princesse portugaise amatrice de thé, la mode fut lancée chez toutes les dames anglaises. La haute société instaura le Teatime, phénomène de socialisation, et les anglais s’approprièrent le thé en y ajoutant du lait. Ce fut le début du goût des Anglais pour le thé et leur conquête commença alors.
Au tout début du 19e siècle, alors que les longs voyages aux Indes commençaient, il eu une rumeur qui voulait qu’on retrouvait, dans la région de Assam, des plantes sauvages ressemblant au thé chinois, dont les feuilles étaient utilisées par les locaux pour préparer nourriture et breuvage. Lorsque les anglais découvrirent la plante, ils jugèrent qu’il s’agissait d’une espèce de plante inférieure au thé chinois. Obstinés à rapporter ce dernier à leur pays, ils importèrent les meilleures semences et les plus fortes pousses du thé chinois sur le territoire de l’Assam, dans l’espoir de pouvoir le cultiver et ainsi se défaire d’une dépendance envers la production chinoise. Cependant, les plants ne s’adaptèrent jamais au climat chaud, humide et pluvieux de l’Assam. Ce n’est qu’en 1847, qu’un nouveau gestionnaire, M. Williamson décida que les plantes locales, aujourd’hui connues comme étant le thé vert de l’Assam, méritaient d’être cultivées. Cette judicieuse décision donna naissance à une nouvelle industrie qui s’avéra florissante.
On retrouve aujourd’hui plus de cent espèces de thé vert, mais principalement on considère l’espèce chinoise, Camilla Sinensis var. Sinensis, la variété de l’Assam, Camilla Sinensis var Assamica, et la Camilla Sinensis, var. Java, une hybride retrouvée en Indonésie qui est issue du thé de l’Assam mais classée séparément par les biologistes pour sa floraison et ses propriétés nouvelles.
On peut se rendre compte que le thé cultivé en Inde diffère beaucoup de celui de la Chine même si, biologiquement, ils sont tous deux issus du même plant. Le thé chinois est plus doux, frais et délicat tandis que le thé vert indien est le chef de file d’une production variée et aromatisée. Le thé japonais est reconnu pour avoir été cultivé avec soin, il a développé un côté plus astringent et son raffinement est reconnu. Outre sa provenance, plusieurs facteurs issus de la production donne au thé son goût et son arôme : le sol, l’environnement, la période de cueillette, le mode de culture, la température durant les vendanges et bien sûr l’expérience des cultivateurs.
Les différents procédés de fabrication produisent aussi des thés aux couleurs et arômes variés, même si à la base, le thé provient de la même plante, la Camilla Sinensis. En plus du thé vert, nous retrouvons les thés noir, rouge, jaune blanc et Oolong. Pour le thé vert, les feuilles sont généralement seulement est chauffé pour enlever l’humidité. Le thé noir est en réalité du thé vert ayant subi une oxydation complète et le thé rouge, un procédé similaire. Le thé jaune chinois est un thé qui a subi aussi un procédé de fermentation et est cueilli très tôt lorsque de la feuille est très jeune. Le thé blanc est aussi composé de feuilles jeunes et de bourgeons qui sont simplement flétris et séchés. Le thé Oolong tant qu’à lui a subi une oxydation partielle, moins longue que celle du thé noir.
Les amateurs de thé peuvent aujourd’hui goûter à une vaste sélection de thé, près de 1 500 variétés, avec des prix incroyablement bas et d’autres, à prix d’or. Son goût se marie à d’autres saveurs, telles que la menthe, le citron et le jasmin, pour ne nommer que celles là. Le thé vert est d’ailleurs la boisson non-alcoolisée la plus bu du monde, après l’eau. Bien qu’il soit aujourd’hui, popularisé grâce à ses vertus et ses bienfaits, le thé vert, véritable boisson mondiale, a conservé son rôle si essentiel et étroitement lié à la culture. Il permet de nous offrir une pause, une occasion de nous revitaliser et si possible d’échanger avec autrui.